Création d’une entité européenne d’interopérabilité pour les solutions de paiement Bancomat, Bizum, EPI/Wero, SIBS‑MB WAY et Vipps MobilePay
Une coalition de grands acteurs du paiement instantané – Bancomat, Bizum, EPI/Wero, SIBS‑MB WAY et Vipps MobilePay – a annoncé, avec le soutien du groupe KBC, la mise en place d’une entité européenne d’interopérabilité destinée à relier leurs solutions respectives. Cette initiative vise à réduire la fragmentation du marché des paiements numériques en Europe et à offrir aux utilisateurs une expérience plus fluide lorsqu’ils effectuent des transactions transfrontalières.
Contexte et objectifs de l’interopérabilité
Chaque acteur participant possède déjà une forte implantation nationale : Bancomat en Italie, Bizum en Espagne, SIBS‑MB WAY au Portugal et Vipps MobilePay dans les pays nordiques. EPI, soutenu par le consortium Wero, représente quant à lui une ambition commune de créer une infrastructure de paiement paneuropéenne capable de concurrencer les réseaux mondiaux. En unissant leurs plateformes, les cinq systèmes cherchent à établir des standards techniques communs, à harmoniser les règles de sécurité et à faciliter le transfert de fonds entre les différents pays sans passer par des intermédiaires multiples.
Le rôle de Wero, qui opère sous la marque EPI, est central dans ce projet. En tant que coordinateur de l’initiative européenne, Wero travaille à la définition d’une architecture ouverte permettant aux applications nationales de communiquer entre elles. Cette approche repose sur des protocoles déjà éprouvés dans le secteur, tout en respectant les exigences du règlement européen sur les services de paiement. L’objectif affiché est de garantir que chaque paiement initié via l’une des solutions membres puisse être accepté par les autres participants avec le même niveau de rapidité et de sécurité.
Implications pour les consommateurs et les commerçants
Pour les consommateurs, l’interopérabilité promet une simplification notable : un utilisateur pourra, par exemple, envoyer de l’argent depuis une application Bizum à un ami qui utilise uniquement Bancomat, sans devoir créer de compte supplémentaire ou subir des frais de conversion. Cette fluidité s’étend également aux paiements en magasin, où les terminaux compatibles avec l’une des solutions pourront accepter les QR‑codes ou les identifiants mobiles des autres membres du réseau. Certains utilisateurs, déjà habitués aux services de transfert transfrontalier, se tournent également vers des plateformes comme Wise pour leurs besoins de change, ce qui montre l’intérêt croissant pour des solutions réellement transnationales.
Les commerçants, quant à eux, bénéficieront d’une réduction de la complexité administrative liée à la gestion de multiples fournisseurs de paiement. En intégrant un seul point d’accès technique, ils pourront accepter des paiements provenant de toute l’Europe sans devoir installer plusieurs systèmes distincts. Cette rationalisation devrait également diminuer les coûts liés aux frais de transaction, bien que les conditions tarifaires exactes restent à définir dans le cadre des accords entre les parties.
Sur le plan de la compétitivité, l’entité d’interopérabilité pourrait renforcer la position de l’Europe face aux géants mondiaux du paiement numérique. En offrant une alternative européenne unifiée, les acteurs locaux conservent davantage de contrôle sur leurs données et sur les règles de gouvernance. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté plus large de souveraineté numérique, soutenue par les institutions européennes qui encouragent le développement d’infrastructures de paiement résilientes et indépendantes.
En perspective, le projet devra encore surmonter des défis techniques et réglementaires, notamment la mise en conformité avec les exigences de lutte contre le blanchiment d’argent et la protection des données personnelles. Les parties impliquées ont indiqué qu’une phase pilote serait lancée dans les prochains mois, avec une extension progressive aux autres pays membres de l’Union européenne. Si les premiers retours sont positifs, l’entité d’interopérabilité pourrait devenir le socle d’une nouvelle génération de services de paiement, où la frontière géographique ne constitue plus un obstacle à la mobilité financière.
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